Essaouira regorge de monuments, qui lui ont permis d’être classée, au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une visite guidée dans les dédales de la Médina, pour mieux les apprécier.
Entourée d’une enceinte avec six imposantes forteresses et plusieurs tours de guet, la Médina s’étend sur une trentaine d’hectares répartis en quartiers bien délimités. Six portes monumentales dont les baies sont en pierre de taille assurent la communication du centre historique avec son environnement. Les entablements de quelques-unes comportent des inscriptions concernant leur fondation ou des louanges.
La Médina d’Essaouira est le modèle d’une ville musulmane dont le noyau de départ (la kasbah) fut fondé par une volonté marocaine (le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah en 1765) à partir d’une conception européenne (plan Cornut). Elle est ainsi l’exemple concret d’une synergie entre différents apports culturels à partir d’une identité particulière. Depuis sa fondation, Essaouira est le lieu d’une coexistence pacifique entre diverses ethnies et religions (berbères, arabes, juifs et chrétiens). Ceci fut la base même de son épanouissement culturel et de son essor économique.
Les fortifications (Sqalas) qu’elle renferme sont des monuments uniques au Maroc et en Afrique et rappellent le style néoclassique des édifices militaires européens (école Vauban). La Médina d’Essaouira ressemble à la ville de Saint-Malo en France. Les deux tours de la Sqala du port sont identiques à la Tour de Bélème à Lisbonne, inscrite sur la liste du patrimoine mondial. Ville bien définie dès sa conception et achevée depuis le XIXème siècle, son authenticité a été préservée grâce aux remparts lesquels, en l’isolant, ont permis d’en sauvegarder le cachet originel.
La tour du Bastion de Bab Marrakech est située au sud-ouest de la Médina d’Essaouira, au coin Est du tronçon de la muraille comportant la porte monumentale du même nom. Classé par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité depuis décembre 2001, c’est aujourd’hui une galerie d’art et sur son toit est perchée une scène en plein air. Il a été édifié au XIXème siècle, pour servir de poudrière et d’entrepôt de munition.
Durant le protectorat français, il a aussi servi d’écurie pour les chevaux, avant d’être abandonné dans les années 1950.
Le pavillon Menzeh constitue l’ultime vestige du palais royal du sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah, construit vers la deuxième moitié du XVIIIème siècle, en même temps que le quartier kasbah et le port.