Espèce endémique du Sud Ouest marocain, l’arganier (Argania spinosa) couvre actuellement une superficie importante dans la Province égale à 136 430 ha. Il peut atteindre 6 mètres de hauteur et vivre de 150 à 200 ans.
L’arganier constitue la caractéristique du paysage, son tronc est noueux et court, sa verdure est sombre, ses feuilles touffues semi-persistantes, poussent petites, allongées et drues. Ses branches maîtresses partent du sol, facilitant ainsi l’accès des chèvres au « pâturage suspendu », spectacle unique que de voir la chèvre marcher sur les frondaisons d’arganier !
L’arganier fleurit en mai et en juin, produit un fruit ressemblant fort à une olive, qui tombe de lui-même et dont le noyau contient une amande. Cette production fruitière est rentable à la fois du point de vue pastoral (la pulpe du fruit très appréciée par les chèvres et les dromadaires) que du point de vue de l’alimentation humaine (l’huile extraite de l’amande).
Il a toujours joui d’une importance particulière dans la vie économique de la région ainsi que dans leurs croyances populaires. On parle d’« arganier sacré», L’arganier sacré est toujours situé à l’entrée du village et près d’un marabout, ou d’un cimetière, où les foulards ainsi que les clous noués autour des branches laissent deviner le nombre de voeux formulés et où le pâturage reste formellement interdit au risque de voir son troupeau dévoré par un chacal.
Elles groupent des femmes de l’arganeraie détentrices d’un véritable savoir-faire et d’un secret ancestral enrichi par la technologie moderne, et animées par le désir de faire découvrir au monde les vertus de la précieuse huile d’argan.
Au-delà d’une gamme de produits de qualité reconnue, les femmes desdites coopératives fournissent par leur travail et par leur volonté de préserver les arbres et leurs fruits, un témoignage vivant du rôle de la femme rurale dans le développement local.
Une visite de ces coopératives féminines d’argan vous permettent de voir concrètement les différentes étapes d’extraction des divers produits : huile alimentaire, huile cosmétique, amlou, savon.
Le fruit (affiache) est constitué d’une coque et d’une pulpe. La pulpe est de couleur jaune à maturité et parfois veinée de rouge. La coque interne (récupérée après concassage pour la cuisson et le chauffage), renferme l’amande dont sera extraite l’huile d’argan. Il ne faut pas moins de 30 Kg de fruits et 10 heures de travail pour un rendement de 3 Kg d’amandes et pour la production d’un litre d’huile.
Riche à plus de 80% d’acides gras insaturés, l’huile d’argan a les arguments de consommation de l’huile d’olive, renforcé encore par sa contenance et la prévention de l’artériosclérose .
Pour obtenir l’huile cosmétique, on utilise le même principe de préparation de l’huile alimentaire sauf que les amandes ne sont pas torréfiées.
Disons encore que miel, huile d’argan associés aux amandes légèrement grillées et moulues dit « Amlou », s’avère d’une valeur énergétique exceptionnelle.
Finalement, l’activité de ces coopératives a permis de dégager une plus value importante de l’huile d’argan, présente désormais dans le commerce à l’échelle nationale et internationale, qui va inciter les populations à protéger l’arganier et veiller à sa régénération. Il a surtout eu un effet d’émulation donnant naissance à une douzaine de coopératives en cours de constitution dans la région !
Espèce résineuse, le thuya (Tétraclinis articulata) est une espèce qui produit différents assortiments de bois : bois de service, bois de chauffage et bois d’oeuvre donnant naissance à la marqueterie en 1899. Depuis lors image de marque de la ville d’Essaouira, et surtout vecteur de développement économique et social.
Ce petit arbre croît dans toute la région d’Essaouira et son bois, proche de celui du genévrier et du cyprès, est très recherché en ébénisterie. Ses racines et loupes, plus noueuses que le tronc sont veinées de flammèches ce qui leur confère un charme particulier.
Les souks ruraux offrent une pluralité de curiosités pour les touristes, allant des tentes dressées, servant d’abri ou d’échoppes aux vendeurs assis à même la terre, aux mulets, ânes, chèvres, volaille…
s’accaparant une aire où ils sont vendus très tôt le matin.
En plus le souk offre diverses marchandises étalées qui sont pour la plupart inconnues du touriste : vannerie, pâtisserie locale, viande caprine, fruits et légumes divers, chaussures en caoutchouc qui sont un efficace recyclage des pneus usés…
Le souk est à la fois un espace de commerce mais aussi un lieu d’échange, voire même de réconciliation des relations familiales, et tribales. Cette grande manifestation hebdomadaire offre la possibilité aux ruraux de s’approvisionner et/ou de vendre leur production agricole, artisanale et d’élevage.
Le souk est un repère essentiel dans le calendrier hebdomadaire des villageois et une curiosité touristique fort intéressante.
Moussem, de l’arabe classique « maoussim », signifie « saison » et c’est là que réside l’un des principaux éléments de sa définition. C’est en effet un pèlerinage, mais qui ne se pratique qu’à des moments précis de l’année revenant périodiquement. Il est appelé aussi « Laâmara », du verbe « âmara » ou « habiter », « peupler » et « remplir », et c’est son deuxième caractère, puisque c’est un pèlerinage collectif et non individuel. C’est donc un rassemblement de pèlerins qui se trouvent collectivement et périodiquement autour du sanctuaire d’un saint.
Les moussems ont souvent un triple objectif, celui d’affirmer la pratique religieuse et rituelle, de réaffirmer l’identité tribale en maintenant les liens d’appartenance et de solidarité et enfin celui de renforcer les échanges économiques, sociaux et culturels.
A l’instar des souks, le moussem est un centre d’animation touristique, typique qui attiserait sûrement la curiosité des touristes qui auraient même envie d’y prendre part. Néanmoins, l’ouverture de ces moussems à l’accueil des touristes internationaux n’est pas automatiquement acquise. Mais avec une approche qui permet de conjuguer les intérêts réciproques des touristes (curiosité culturelle, apprentissage de diverses pratiques et rituels) et les entités organisatrices du moussem (plus de recettes pour la confrérie), on peut aboutir à un réel compromis social.
Généralement, les moussems ont lieu soit à la fin des récoltes ou au début des semences. Ils sont souvent l’occasion de collecter l’impôt religieux (Achoura), pour financer les confréries.
Le moussem le plus important est celui des Regraga, leur célèbre «44 tours » sillonnant chaque printemps le seul pays Chiadma, en une grande tournée -le daour qui dure 38 jours, du 22 Mars au 30Avril et passe par 44 étapes et s’achève vers la fin du mois d’Avril. Ils visitent les sanctuaires des sept saints fondateurs de la confrérie ainsi que d’autres marabouts.